Depuis peu, on a vu apparaître une nouvelle fonctionnalité sur Launchpad : les Personal Package Archives, ou PPAs.
Cet outil permet aux packageurs de tous horizons et tous niveaux de construire et héberger leurs propres paquets en profitant de la structure déjà mise en place par Canonical pour les dépôts officiels.

L'annonce de la mise à disposition des PPAs par l'équipe de développement de Launchpad a été accueillie de façon très enthousiaste par bon nombre de packageurs.
Les PPAs ont en effet un avantage indéniable pour le développement et l'assurance qualité des paquets, en permettant par exemple de tester ces derniers avant leur envoi dans les dépôts officiels Ubuntu.
Les équipes ont également la possibilité de créer leur propre PPA, facilitant le travail collaboratif, puisque les membres d'une même équipe (telle que Medibuntu ou MOTUMedia) ont la possibilité d'utiliser un PPA commun pour travailler sur leurs paquets.

Mais au-delà de tous ces intéressants aspects (pour le développeur), réside une source de problèmes pour l'utilisateur.
Une dérive possible de l'utilisation des PPAs est le phénomène Pidgin.
En effet, lors du renommage de Gaim vers Pidgin, on a vu fleurir de nombreux paquets non-officiels... chacun se mettant à recréer depuis zéro son petit paquet personnel de plus ou moins bonne qualité (plutôt moins que plus d'ailleurs).
Il est aisé de prédire que ceci va s'étendre aux PPAs. D'ici quelques semaines, on disposera probablement d'une bonne demi-douzaine de PPAs proposant le même programme pour une même version d'Ubuntu (par exemple, pidgin pour Ubuntu 6.06). Comment s'assurer de la qualité des paquets, comment gérer les conflits qui naîtront entre les différents PPAs ? Le problème, qui a déjà été évoqué a plusieurs reprises concernant les dépôts tiers, pourrait donc prendre une dimension bien plus importante cette fois.

Il faut savoir que les PPAs sont également utilisés par les développeurs Ubuntu, et donc que la construction de 12 paquets Pidgin engendre une attente non négligeable pour ces packageurs.

L'argument récurrent concernant la légitimité de dépôts tiers est la mise à disposition de versions plus récentes de logiciels. C'est un argument fallacieux. Les versions stables d'Ubuntu le sont en grande partie grâce au gel des versions des logiciels. Importer une nouvelle version c'est ajouter un gros risque de bugs, de régressions ou de problèmes de dépendances, en particulier lors de mises à jours de bibliothèques ou de logiciels système (une mise à jour de dbus peut apporter beaucoup plus de soucis que de nouveautés). C'est d'ailleurs pour cette raison que les mises à jour pour les versions stables d'Ubuntu sont aussi limitées que possible (et n'apportent *jamais* de nouvelles versions de logiciels).

Un autre argument très souvent avancé est la mise à disposition de paquets n'existant pas dans Ubuntu (ou dans Debian). Il existe déjà des structures telles que http://mentors.debian.net/ ou encore http://revu.tauware.de/ qui permettent de proposer des paquets à l'inclusion dans les dépôts officiels Debian et Ubuntu.
De plus, si vous avez besoin d'aide, <pub>le chan #ubuntu-fr-classroom@irc.freenode.net est toujours peuplé de MOTU/core-dev/aspirants Développeurs Debian prêts à vous accueillir avec le sourire, dans la joie et la bonne humeur</pub>.

Conclusion: utilisez les PPA avec précaution (néanmoins si vous désirez réellement casser votre système, vous pouvez également utiliser Automatix2, efficacité garantie)

(ce billet est fièrement propulsé par Gobby, et est le fruit d'un travail coolaboratif de membres d'u-classroom.net )